ddo nr.31
Le doigt dans l'oeil
french magazine about contemporary creation
01.02.1998
article: 'Propos échangés'
by: François Andrieux
article about the discussion between Xavier de Geyter and the Lille01 team
in the context of the exhibtion
Lille01_ realite - fiction
Espace Croisee
article:
Propos échangés
Nous proposons ici quelques fragments d'un échange qui a eu lieu entre les protagonistes des deux projets à Bruxelles le 23 décembre dernier.
Les grands îlots
Xaveer de Geyter: «Euralille, tel qu'il a été construit jusqu'à maintenant, peut être défini comme une forme d'urbanité qui est vraiment dominée par les infrastructures. Celles-ci créent des îlots occupés de manières très différentes, plus ou moins denses, avec des fonctions distinctes[ ... ] Après tout, on peut dire avec tout ce qui a marché et ce qui n'a pas marché, que, au moins, il y a cette définition très claire et partiellement isolée de chaque îlot. Alors pour nous, même s'il est assez restreint en surface, ce terrain devait s'adapter à cette logique et constituer un de ces grands îlots d'Euralille. C'est aussi le
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premier projet d'Euralille qui essaie de joindre la ville existante avec la ville nouvelle. Il fallait dès le début s'adapter et donner une réponse à cet état contradictoire des choses : la ville avec sa cohérence interne, les faubourgs avec leur forme et leur réseau irréguliers.»
L'intervalle comme transition
Jean-Philip Lebecq: «L'enjeu est clairement d'établir le lien, c'est la question qui nous était posée. Le programme consistait à densifier ce lieu avec ses 80 000 m² construits, densifier, relier les faubourgs au centre-ville tout en préservant le paysage, le tout sans toucher aux infrastructures. Le débat s'est joué sur la transition urbaine entre le nouveau centre d'Euralille, avec sa typologie élevée et ses grands îlots, et les faubourgs dont l'urbanisme est plus aléatoire, moins dense et les typologies peu élevées. Notre proposition consiste à superposer ces deux typologies urbaines différentes sur le terrain, sans chercher à faire du mimétisme. Il fallait éviter par exemple, de ramener les faubourgs contre le périphérique, ou à l'inverse d'étendre le centre moderne très élevé pour repousser les limites ailleurs. Nous avons superposé sur le terrain ces deux échelles de construction en exploitant la topologie mouvante du terrain. Nous proposons un intervalle horizontal entre Euralille et les faubourgs, et un intervalle vertical entre le terrain «naturel» et l'habitat.»
Le fragment comme paysage
François Thiry (la Cambre) : «L'échelle du territoire nous a fascinés, c'est pourquoi on n'a pas pu utiliser les outils qui relèvent de l'architecture ou de l'urbanisme structuré (plan masse). On a du alors avoir recours comme des autodidactes, à des méthodes fragmentaires qui appartiennent plus au paysage ou à d'autres domaines. Il y a certainement au départ une méprise sur les échelles qui est devenue intéressante, c'est à dire qu'on a pris une échelle trop grande qui nous a absorbés. On s'est alors aperçu qu'avec les outils traditionnels de l'urbanisme, on n'aboutissait pas.»
Penser l'étendue
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Manuel Abendroth (la Cambre): «Au lieu de penser en permanence en terme de densité, nous avons essayé de penser en terme d'étendue. C'est quelque chose d'important dans tous les projets. On a mis 6 mois pour essayer de comprendre la dimension de ce territoire. Les outils qu'on a du utiliser relèvent donc soit de l'éclairage de la très grande échelle, soit du signe urbain, ou encore de la logique publicitaire. C'est une échelle inhabituelle, amorcée par les infrastructures, une échelle qu'Euralille prend en compte par exemple. Mais sur l'ensemble du site, il demeure réellement un impensé à cette échelle de territoire là.»
* Lille 1998/réalités fictions jusqu'au 25/04, du mardi au samedi de 13h à l9h Espace Croisé, Allée de Liège, Euralille, Lille.
* L'exposition présentera également deux installations de Marin Kasimir et David Evrard.
* Une table ronde à partir de l'exposition est organisée le 13/02 à 15h30 à l'Espace Croisé, avec l'école de La Cambre, l'école d'Architecture de Lille, l'école des Beaux-Arts de Valenciennes et le studio du Fresnoy.
* Le projet de l 'îlot Saint-Maurice est publié dans le AMC n°84 de novembre 97.